L’Évangile dans le regard

Le charisme de Souffle et Vie sans frontières en est un de présence, d’accompagnement et de soutien aux personnes dans leurs passages, bref de paternité/maternité  psychique et spirituelle. C’est l’angle sous lequel nos membres s’engagent en faveur de la Mission et de la Nouvelle évangélisation : amener ces personnes à se construire intérieurement, à rencontrer Jésus-Christ, à s’approcher d’une communauté de foi et à la joindre, éventuellement.

Dans leur milieu de vie, de travail, d’études, de bénévolat et autres, ils sont reconnus comme des catholiques heureux, consciencieux, disponibles, priants, attachés à la personne de Jésus et à l’Église. Ils participent à la vie et aux célébrations de leur communauté paroissiale.

Surtout ils demandent à l’Esprit Saint d’avoir l’Évangile dans le regard, avec toute personne et dans toute situation. C’est-à-dire que de la lumière émane de leurs yeux, ou encore qu’une attitude de bonté surnaturelle ressorte de leur disponibilité à l’autre…

Tel est leur idéal : développer un art de vivre en ressuscités pour mieux attirer au Christ, au Père et à la communauté de l’Église, participer à l'engendrement d'enfants de Dieu dans l'Esprit saint.

Leur secret : avoir rencontré Jésus au matin de son baptême, alors que la voix du Père se fit entendre, le proclamant son Fils Bien-aimé, et que l’Esprit planait sous forme d’une colombe (Luc 3, 21-22). S’être laissé appeler, saisir et aimer par lui, le reconnaître, participer à sa filiation, puis entrer dans le mouvement de son cœur de bon Pasteur, et adopter sa façon d’être dans ses relations avec autrui (Jean 10, 1-21). Finalement, le suivre en portant sa croix avec lui jusqu’au bout (Marc 8, 34), pour partager sa résurrection et, dans l’Esprit du Ressuscité, révéler quelque chose du vrai visage de Père, à celles et ceux qui le cherchent.

Réflexions complémentaires

Vivre en ressuscités

Vivre en ressuscités aujourd’hui, c’est la route que veulent employer les membres de Souffle et Vie sans frontières pour manifester la différence que fait la foi catholique dans une existence humaine. Jésus a dit : Je suis le chemin, la vérité et la vie (Jean 14, 6a). Vie sans frontières exprime la Vie plus forte que la mort et que toute forme de barrières, de murs érigée entre les humains, comme entre Dieu et les humains. Souffle représente l’Esprit envoyé par le Ressuscité pour transformer nos vies (Jean 16, 7s ; Tite 3, 5-6).

La résurrection chrétienne est beaucoup plus qu’une réponse aux questions qui se posent sur ce qui advient après la mort. Elle commence à se vivre déjà sur terre et est une manière d’être, habitée et inspirante, au cœur des défis quotidiens, et de toute situation, surtout celles et ceux qui portent des traces de mort. Dans la joie, elle fonde l’espérance dont nos contemporains ont tant besoin, face à toutes les problématiques qui les placent devant leur impuissance.

Plus forte que tout mal, sans doute la perspective de la résurrection donne-t-elle un sens constructif à la souffrance, en unissant les croyants comme les membres, à Jésus en croix… dans sa certitude absolue de l’amour et de la fidélité du Père. Elle permet aussi d’intégrer les efforts consentis et les renoncements dans la conversion permanente ; elle fournit la force d’affronter les épreuves, la maladie et la mort. Alors, l’ensemble de ces défis sont vus comme autant de façons de devenir disciples-missionnaires, de donner plus d’espace à la sainteté dans son existence, de participer au Salut du monde et de témoigner de la Vie nouvelle, déjà présente en soi par le baptême. 

Trois pistes privilégiées d’évangélisation

 

1-  Voir et admirer l’Esprit à l’œuvre. L’Esprit saint est le missionnaire par excellence. Lui seul peut agir dans les cœurs et les ouvrir à la foi ; lui seul intervient efficacement dans le cours de l’histoire. La foi est un don de Dieu… autant que l’amour, la justice et la paix.

Le lien étroit qui s’établit entre Jésus Ressuscité et les membres de Souffle et Vie sans frontières permet de voir et d’admirer l’Esprit de Dieu à l’œuvre chez les autres et dans le monde, y compris en soi (Ph 2, 13). Ce qui fait en sorte qu’il n’y a jamais lieu de désespérer de quiconque, ni de quelque événement que ce soit, fût-il affligeant. Surtout, ce regard qui voit l’invisible (Hé 11, 27b) nous rapproche de la personne de Jésus.

Tout au long de son ministère, Jésus n’a cessé d’exprimer son action de grâces à Dieu pour l’œuvre de l’Esprit chez tant de personnes rencontrées : le centurion (Mt 8, 10), les petits du Royaume (Mt 11, 26), la femme syro-phénicienne (Marc 7, 29a) et tant d’autres. Attitude de base, seulement possible par la prière et la fréquentation de la Parole de Dieu, qui va donner toute sa pertinence et sa fécondité à la proposition de Jésus-Christ, que les membres adresseront à celles et ceux qui ne le connaissent pas.

2- Marcher avec, accompagner. À partir de leur manière de se faire proche des personnes, de les accueillir et de les mettre en confiance, de les écouter et de les interpeller, les membres créent un terreau favorable à l’annonce de la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ.

Empruntant la route d’Emmaüs avec Jésus Ressuscité, ils marchent avec toute personne en quête de sens, d’intelligence spirituelle, bref de Dieu. Ils accueillent son état d’âme, écoutent ses questions et l’aident à découvrir des points de repère en mesure de conduire à reconnaître et rencontrer le Sauveur (Luc 24, 13-35) bien vivant au milieu de nous.

 3- Amitié-mutualité avec les pauvres. Selon le passage d’Isaïe (61, 1-2) que Jésus a lu à Nazareth et qu’il s’est appliqué pour son ministère (Luc 4, 16-22), les membres de Souffle et Vie sans frontières vont à la rencontre des plus pauvres. De diverses manières : soit par un engagement de présence à leur endroit, ou d’entraide, soit par l’intégration de quelques-uns dans l’une ou l’autre de leurs activités. 

L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la bon-ne nouvelle aux pauvres ; Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur.

Le souci des pauvres est vivant chez les chrétiens, depuis la naissance de l’Église (Ac 2, 44sq; 4, 32 ; Ga 2, 10). À travers les siècles, il a pris plusieurs formes allant de la générosité auprès des nécessiteux au soin des malades, de l’ouverture d’écoles en milieu défavorisé à la création de syndicats et de coopératives. Depuis la seconde partie du vingtième siècle, une chaleur toute familiale a enveloppé les foyers de vie pour personnes handicapées et les mouroirs de laissés pour compte.

Sur cet élan qu’ils veulent pousser plus loin, les membres entrent dans une relation de mutualité et d’amitié avec les pauvres : à les fréquenter, ils y trouvent une forme de sacramentalité, c’est-à-dire un lieu privilégié de rencontre du Christ Jésus et de communauté de vie avec Lui. En effet, non seulement être généreux envers les pauvres, frères et sœurs de Jésus, c’est l’être à son égard (Mt 25, 41), puisqu’il s’identifie à eux, mais recevoir d’eux, ne serait-ce qu’un sourire ou un merci, c’est accueillir le Christ (Ph 2, 3-11) en personne.